8 plantes anti-déprime

Plantes pour lutter contre la déprime

 

On constate un regain d’intérêt pour la phytothérapie, le soin par les plantes. Et pour cause, ce mode de soin présente l’avantage d’être généralement mieux toléré car il entraîne moins d’effets secondaires indésirables que la médication conventionnelle. En cas de déprime, les plantes peuvent être d’un grand secours. Découvrez 8 plantes qui soulagent la déprime et l’anxiété.

 

Le millepertuis

 

Plante deprime millepertuis

Comment le millepertuis agit-il sur la déprime ?

Le millepertuis, aussi connu sous le nom de l’herbe de la Saint-Jean, est une plante qui a été utilisée pendant des siècles pour traiter toute une variété de maladies1, mais la dépression en est la première indication. Selon un regroupement de 29 études répertoriant 5 489 sujets2, cette plante serait effectivement aussi efficace que les antidépresseurs de synthèse, tout en entraînant moins d’effets secondaires. L’hyperforine, un ingrédient actif contenu dans le millepertuis, inhiberait la recapture de neurotransmetteurs tels que la sérotonine ou la dopamine, comme le font les antidépresseurs conventionnels.

Cependant, le millepertuis peut interférer avec certains médicaments et provoquer des effets indésirables, qui ont notamment forcé un certain nombre de sujets d’études à arrêter le traitement2. Parmi les effets secondaires, on trouve entre autres des troubles digestifs, des troubles du sommeil (insomnie) et une photosensibilisation. Enfin, cette plante ne serait efficace que dans les cas de dépression légère à modérée3, les études sur des cas de dépression grave n’étant pas assez nombreuses et étant trop contrastées pour confirmer son efficacité.

Le millepertuis peut interagir avec un certain nombre de médicaments, comme certaines contraceptions orales, les antirétroviraux, les anticoagulants, des antidépresseurs conventionnels… Dans ces cas-là, la prise de millepertuis doit être limitée et l’avis préalable d’un médecin est nécessaire.

Comment utiliser le millepertuis ?

Le millepertuis se consomme essentiellement sous forme d’infusions : 25g de millepertuis séché ou 35g de millepertuis frais pour 500mL d’eau, à raison de 2 tasses par jour, pour un adulte de 60 kg. Il peut également se consommer en teinture mère.

 

Le safran

 

Plante deprime safran

 

Comment le safran agit-il sur la déprime ?

Les propriétés médicinales du safran sont connues et utilisées depuis longtemps1. On s’en sert notamment comme antalgique, anti-inflammatoire, pour améliorer les problèmes d’insomnie, stimuler la digestion, et pour lutter contre la dépression légère. Selon plusieurs études1-5, la consommation de safran a permis de réduire significativement les symptômes de la dépression comparativement à un groupe témoin sous placebo. Les effets seraient d’ailleurs équivalents à ceux des antidépresseurs conventionnels comme la fluoxétine ou l’imipramine : 30 mg de safran par jour sont aussi efficace que 20 mg de fluoxétine ou 100 mg d’imipramine. Cette plante inhibe la recapture de la sérotonine grâce au safranal et à la crocine, ses éléments actifs. Le safran est efficace dans les cas de dépression légère à modérée. Des études sont positives quant à son efficacité dans les cas de dépression grave2,5, mais les recherches à ce sujet sont peu nombreuses.

Les études mettent généralement en avant l’absence d’effets secondaires du traitement au safran. Cependant, son utilisation est déconseillée aux femmes enceintes car il peut provoquer des contractions utérines.

Comment utiliser le safran ?

Pour traiter les cas de dépression, on utilise surtout des comprimés contenant 30 mg de safran. Elle peut également s’utiliser en teinture mère, 50 gouttes matin et soir diluées dans une infusion de mélisse.

 

Le ginseng

 

Plante deprime ginseng

Comment le ginseng agit-il sur la déprime ?

Le ginseng est une plante stimulante qui aurait également des effets sur la dépression. Une étude publiée en 2011 portant sur des souris a observé et confirmé ses effets antidépresseurs1.  Le ginseng rouge aurait également des effets sur les symptômes résiduels successifs à des épisodes de dépression2, comme l’irritabilité, la culpabilité, les troubles du sommeil, ou encore la perte des centres d’intérêt. Or, ces symptômes jouent un rôle déterminant dans le risque de rechute3. Cependant, les études qui ont montré l’efficacité du ginseng sur les états de déprime sont peu nombreuses, car il est surtout utilisé pour stimuler le système immunitaire et tonifier l’organisme des personnes fatiguées ou affaiblies.

Aux dosages recommandés, cette plante présente peu d’effets indésirables. Une étude a noté toutefois l’apparition d’effets indésirables chez un petit nombre de sujets, dont l’hypertension, l’insomnie, la nervosité, l’irritabilité, ou encore la diarrhée.

Il peut également interagir avec des médicaments (anticoagulants, hypoglycémiants et antidépresseurs) et des aliments (café, thé, guarana, ou encore chocolat).

Comment utiliser le ginseng ?

Le ginseng peut se consommer en teinture mère, sous forme de capsules ou en décoction (faire bouillir de 1 g à 2 g de racines dans 150 mL d’eau chaude pendant 10 à 15 minutes). Les dosages peuvent aller jusqu’à 3 g, 3 fois par jour.

 

La passiflore

 

Plante deprime passiflore

Comment la passiflore agit-elle sur la déprime ?

La passiflore a longtemps été utilisée comme anxiolytique partout dans le monde1. Une étude2 a comparé séparément les effets de la passiflore et ceux des benzodiazépines (classe de médicaments utilisés dans le traitement de l’anxiété) sur respectivement deux groupes de 18 patients chacun souffrant d’anxiété généralisée. Les résultats de l’étude ont montré que la passiflore est au moins aussi efficace que les benzodiazépines dans le traitement de l’anxiété, et présentent même l’avantage de ne pas diminuer la productivité au travail, comme cela a été observé chez le groupe traité aux benzodiazépines. Les études ne relèvent généralement pas d’effets indésirables à l’utilisation de la passiflore, mais de rares cas ont pu être observés, notamment des sensations d’étourdissement, des somnolences ou des sentiments de confusion.

La passiflore peut s’utiliser en synergie avec d’autres plantes aux propriétés sédatives et calmantes comme le houblon, la valériane, la mélisse ou le millepertuis. Elle est déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes.

Comment utiliser la passiflore ?

La passiflore peut se consommer sous forme de capsules ou comprimés, de teinture mère, ou encore d’infusion. De manière générale, la posologie recommandée est comprise entre 0,5 g et 2 g de passiflore par jour.

 

La mélisse

 

Plante deprime melisse

Comment la mélisse agit-elle sur la déprime ?

La mélisse a été, et est toujours utilisée comme un régulateur de l’humeur et des fonctions cognitives, avec des effets anxiolytiques. Son usage est reconnu pour soulager la nervosité, l’agitation, l’irritabilité, et les troubles du sommeil. Plusieurs études1,2 ont été réalisées pour  mesurer l’efficacité de la mélisse sur les symptômes de l’anxiété et de la dépression, à raison de 300 à 900 mg d’extrait de mélisse par jour, en dose unique. Dans la plupart des cas, les patients traités à la mélisse ont constaté un sentiment plus important de calme, parallèlement à une diminution de la vigilance. Cela peut s’expliquer par les propriétés apaisantes de la mélisse, qui favorisent le sommeil. Son effet sédatif peut être accentué si elle est consommée en association avec d’autres plantes comme la valériane, le millepertuis, ou la passiflore.

L’ingestion de mélisse ne présente aucun effet indésirable, mais elle est déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes.

Comment utiliser la mélisse ?

En usage interne, la mélisse peut se consommer en tisane : il suffit de laisser infuser 2 à 4 cuillerées de feuilles de mélisse dans une tasse d’eau chaude pendant 5 à 10 minutes. Elle peut aussi se consommer en teinture mère.

En usage externe, elle peut être utilisée sous forme d’huile essentielle : le massage des bras et des tempes avec quelques gouttes d’huile essentielle de mélisse diluées dans une huile végétale peuvent soulager l’insomnie, la nervosité et l’agitation.

 

La scutellaire

 

Plante deprime scutellaire

Comment la scutellaire agit-elle sur la déprime ?

La scutellaire est traditionnellement utilisée pour soulager la nervosité, les tics nerveux, ou encore l’insomnie. Cette action serait due aux nombreux flavonoïdes contenus dans la plante. Ils se fixeraient sur les mêmes récepteurs du cerveau que les benzodiazépines (= classe de médicaments utilisés dans le traitement de l’anxiété). Dans une étude publiée en 2014 et réalisée sur 43 personnes peu anxieuses, les patients ont reçu pendant deux semaines 350 mg de scutellaire 3 fois par jour, puis un placebo pendant deux autres semaines. La prise de scutellaire a été associée à une meilleure humeur globale des participants par rapport au test placebo, et ce sans perte d’énergie, de vigilance ou de concentration. Cette plante pourrait donc être efficace dans le traitement de l’anxiété ou de la déprime.

Il n’existe à ce jour aucune contre-indication ou effets indésirables à l’utilisation de la scutellaire. En l’absence de données suffisantes sur la toxicité de la scutellaire, sa consommation est déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes.

Comment utiliser la scutellaire ?

La scutellaire se consomme en infusion (1 à 2 g de scutellaire séchée infusées dans 250 mL d’eau bouillante pendant 3 à 5 minutes) à raison de 3 tasses par jour. Elle peut aussi se consommer en capsules contenant 1 à 2 g de scutellaire, 3 fois par jour, ou en teinture-mère (2 à 5 mL 3 fois par jour).

 

La valériane

 

Plante deprime valeriane

Comment la valériane agit-elle sur la déprime ?

La valériane est une plante qui traiterait les troubles du sommeil, l’anxiété et l’agitation nerveuse. Une étude publiée en 2014 et réalisée sur 50 rats a montré les bienfaits de la valériane sur les états dépressifs. Les rats ont été divisés en 5 groupes, dont 3 groupes recevant quotidiennement différentes doses de valériane, respectivement 50, 100 et 200 mg/kg. Les résultats ont montré que les rats ayant reçu des doses de valériane ont présenté des comportements moins dépressifs que les autres groupes, mis en évidence notamment par un test de nage forcée. Dans cette expérience, les rats sont déposés dans un petit cylindre rempli d’eau à mi-hauteur : plus un rat passe de temps à essayer d’en sortir au lieu de se décourager, et moins son comportement est jugé dépressif. Cette étude semble donc confirmer les vertus anxiolytiques que l’on prête traditionnellement à la valériane, mais ces résultats sont à relativiser car il existe peu d’études qui étudient les effets de la valériane utilisée seule.

Aux doses recommandées, cette plante ne présente presque aucun effet indésirable. Elle présente toutefois des effets sédatifs, c’est pourquoi il n’est pas recommandé de la consommer quelques heures avant de prendre le volant ou de manipuler des outils dangereux. Ses effets sont méconnus sur les femmes enceintes et allaitantes et les enfants, elle est donc déconseillée par principe.

Comment utiliser la valériane ?

La valériane se consomme en infusion (2 à 3 g de racine séchée infusée pendant 5 à 10 minutes dans 150 mL d’eau bouillante), jusqu’à 5 tasses par jour, mais elle se consomme également en teinture mère, ou en extrait normalisé (de 250 à 400 mg 3 fois par jour).

Cette plante est rarement consommée seule. Les recherches observent d’ailleurs plus souvent ses effets en association avec ceux du houblon, notamment pour les cas d’insomnie2,3, car il aurait également des vertus apaisantes (mais les études sur les effets calmants du houblon seul sont insuffisantes). Il est donc recommandé de consommer la valériane avec d’autres plantes aux propriétés calmantes comme la mélisse, la passiflore, la scutellaire, ou le houblon.

 

Le gingko

 

Plante deprime ginkgo

Comment le ginkgo agit-il sur la déprime ?

Le ginkgo aurait des effets plus précisément dans les cas de déprime liés aux maladies dégénératives chez les personnes âgées, par exemple dans les cas d’Alzheimer. Il permettrait effectivement de réguler l’humeur, d’améliorer les fonctions cognitives et de diminuer les symptômes d’anxiété. Une recherche publiée en 2007 et réalisée sur 107 patients1souffrant majoritairement d’anxiété généralisée a étudié l’efficacité du ginkgo sur les cas d’anxiété. Les patients, divisés en trois groupes, ont reçu quotidiennement 480 mg d’extraits EGb 761 (un extrait contenu dans le ginkgo), 240 mg d’EGb 761 ou un placebo respectivement pendant 4 semaines. L’anxiété a alors été mesurée grâce à l’échelle d’Hamilton, et a été réduite respectivement de 14.3, 12.1 et 7.8 points.

Comme le ginkgo fluidifie le sang, il est contre-indiqué chez les hémophiles, les femmes enceintes, et les personnes s’apprêtant à subir une intervention chirurgicale. Il est également contre-indiqué chez les personnes épileptiques. Parmi ses effets indésirables, le ginkgo pourrait faire baisser la tension artérielle et, dans de plus rares cas, causer des troubles gastro-intestinaux légers, ou des maux de tête, étourdissements, allergies cutanées.  

Il peut interagir avec les anticoagulants, diminuer l’effet de l’omeprazole, de certains anticonvulsiants (valproate et carbamazépine) et augmenter l’effet du sédatif trazodone.

Comment utiliser le ginkgo ?

Le ginkgo se consomme sous forme d’extraits, les plus recommandés étant EGb 761 ou Li 1370. La posologie usuelle est de 120 mg à 240 mg d’extraits par jour, en 2 ou 3 fois, au moment des repas. Il est recommandé de commencer avec 60 mg par jour et d’augmenter progressivement les doses, pour éviter d’éventuels effets indésirables. Les effets du ginkgo peuvent mettre du temps à se manifester, c’est pourquoi il est recommandé de faire des cures de 2 mois minimum.

 

 

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